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Université : Un diplôme sur la méditation à la fac de médecine


Jean-Gérard Bloch

Jean-Gérard Bloch est l’initiateur du diplôme d’université
« Médecine, méditation et neuroscience », une première en France.
Photo Dominique Gutekunst

Durant deux semaines, médecins, psychologues, biologistes et chercheurs vont étudier et expérimenter les interactions entre le corps et l’esprit.

« Médecine, méditation et neuroscience », tel est le titre du nouveau diplôme d’ université proposé par la faculté de médecine de Strasbourg. Cette formation, unique en France, sera dispensée durant deux semaines au Mont Sainte-Odile. « Nous avons eu 150 demandes, dont une centaine éligibles aux prérequis, car il s’adresse essentiellement aux médecins, psychologues, biologistes, chercheurs en neurosciences… », explique Jean-Gérard Bloch, l’un des intervenants.

Validation par des études scientifiques

Ce rhumatologue, directeur d’enseignement à l’Université de Strasbourg, a découvert la méditation tibétaine il y a une quinzaine d’années ; il s’est formé, il y a cinq ans, « auprès de Jon Kabat-Zinn, un professeur de médecine qui avait mis au point aux États-Unis, il y a une trentaine d’années, un protocole de réduction du stress basé sur la pleine conscience, au départ réservé aux malades, puis étendu à l’ensemble de la population ». Ce diplôme d’université permettra à la quarantaine de candidats retenus de « confronter les aspects théoriques et pratiques de la méditation par une expérimentation à la première personne », explique le médecin. Ils viendront de toute la France, mais aussi des pays francophones voisins.

« Des études scientifiques – cliniques, biologiques, imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf) – ont validé les bienfaits de la méditation sur la santé du corps et de l’esprit », souligne Jean-Gérard Bloch qui a obtenu le soutien du doyen de la faculté de médecine de Strasbourg, le professeur Jean Sibilia, pour cet enseignement qui est placé sous la co-responsabilité sci ent i fique du professeur de psychiatrie des Hôpitaux universitaires de Strasbourg Gilles Bertschy. Interviendront not amment, Christophe André, le spécialiste de la prévention des rechutes dépressives à l’hôpital Sainte-Anne à Paris, et Antoine Lutz, de l’Université de Madison, aux États-Unis. Ce dernier a conduit les expériences menées sous IRMf sur Matthieu Ricard, le biochimiste devenu moine bouddhiste, dans le service du professeur Richard Davidson, pour vérifier les possibilités offertes par la méditation.

Attention soutenue sans jugement

« La méditation a des effets bénéfiques sur l’angoisse, l’anxiété, la dépression, le stress. Elle permet de mieux faire face aux événements douloureux de la vie ; c’est aussi un stimulateur de l’immunité et elle permet de modifier le ressenti de la douleur », affirme Jean-Gérard Bloch. Des implications entre le corps et l’esprit, mais aussi une modification du rapport aux autres qui ont donné lieu à l’émergence d’une nouvelle science : la psycho-neuro-immuno-endocrinologie. Your content goes here….. « L’association pour le développement de la mindfullness (méditation en pleine conscience) publie la liste des personnes agréées à intervenir », insiste-t-il, conscient des dérives sectaires ou des charlatans qu’une vogue comme la méditation peut attirer. Il définit la méditation en pleine conscience comme « le développement des capacités d’attention, de façon volontaire et soutenue, sur l’expérience de l’instant présent, sans jugement ; ce qui est très facile à dire et beaucoup moins aisé à faire », ajoute-t-il.

Alvezio Buonasorte

Article publié le 18 janvier 2013 dans le journal L’Alsace

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